Interview avec Visions of Young Europeans

L’Europe – un sujet qui nous intéresse beaucoup comme institution culturelle dans le monde du franco-allemand.

Nous voulons vous présenter un projet de cinq jeunes berlinois, qui sont enthousiasmés par l’idée d’une Europe unie.

Vous apprendrez ici comment s’engager pour l’Europe en tant que jeune citoyen.ne !

Qu’est-ce que Visions of Young Europeans (VOYE) et qui sont les personnes à l’origine de cette initiative ?

Visions of Young Europeans (VOYE) est une initiative menée par 5 jeunes qui ont décidé de s’engager ensemble pour une cause commune : l’intégration politique et culturelle de l’Europe. Nous – Franka, Finn et Simon – avons fait connaissance à l’automne 2019 lors d’une soirée débat à Berlin. Nous avions alors envisagé de nous mobiliser en faveur de l’Europe. L’événement était organisé par la Technische Jugendfreizeit- und Bildungsgesellschaft (tjfbg), une organisation qui organisait alors les volontariats (FSJ) de Johanna, Simon et Felix. Notre groupe s’est constitué à la suite d’un séminaire sur le développement de projets dans le cadre de ce volontariat et nous avons ainsi commencé à planifier notre projet de rencontre.

A qui s’adresse le projet et pourquoi avez-vous choisi ce public ?

Nous faisons le constat qu’une grande partie de la jeunesse ne se sent pas très concernée par le projet européen et par l’Union européenne. Et cependant, ils ne pourraient pas – et nous partageons aussi ce sentiment – imaginer leur vie quotidienne sans les acquis européens obtenus au fil des années. Si l’envie nous prend de faire un tour de l’autre côté du Rhin, nous avons la chance de pouvoir voyager librement dans toute l’Europe. Et nous n’avons plus besoin de convertir notre argent dans chaque pays : les euros sont acceptés presque partout en Europe. Et il est parfois difficile d’imaginer que ça ait pu fonctionner autrement. Nous souhaitons nous adresser d’abord à notre propre génération – qui a grandi dans une Europe unie avec tous ses avantages. Nous espérons également qu’à l’avenir, les gens travailleront plus ensemble et ferons preuve de plus de solidarité sur notre continent. Un retour à l’État-nation conventionnel au XXe siècle ? Ce serait un cauchemar. C’est pour cela que nous voulons aussi permettre à des jeunes qui n’ont pas encore pu profiter de l’Europe de pouvoir nouer des contacts internationaux, d’échanger des idées et de s’amuser ensemble grâce à notre semaine de rencontre. Il est essentiel de faire une expérience tangible de l’Europe pour pouvoir s’emparer du projet européen.

Que signifie s’engager pour l’Europe selon vous ? Avez-vous rencontré des difficultés particulières ? Si oui, lesquelles ? Et comment les avez-vous surmontées ?

Il y a tellement de manières de s’engager – par exemple avec des actions artistiques ou militantes (par exemple celles de la « Supergirl » européenne, Madaleina Kay), ou par l’organisation de groupes de discussion : « les parlements maison », comme ceux organisés par l’organisation Pulse of Europe. Il est donc important de définir ce que l’on veut réaliser, et comment. Nous sommes parvenus rapidement à la conclusion que nous ne pouvions pas réaliser notre projet seuls. Une grande partie de notre travail consiste donc à prendre contact avec des personnes et organisations en mesure de nous aider, que ce soit par des moyens financiers ou au travers d’un réseau qui nous permette d’atteindre notre groupe cible. Cela nous a permis de mettre à l’épreuve notre esprit d’initiative et d’aller vers les gens. Il existe en Allemagne de nombreux projets et organisations qui soutiennent l’engagement des jeunes – mais la totalité de ces fonds n’est pas toujours utilisée. Les choses sont devenues plus compliquées lorsque nous avons commencé à organiser la semaine de rencontre : où pouvons-nous héberger les participantes et participants ? Comment les nourrir ? Les questions logistiques doivent être traitées minutieusement et avec beaucoup d’anticipation afin que tout fonctionne correctement.

Que vous ont apporté cette expérience et votre engagement européen sur le plan personnel ?

Grâce à notre engagement, nous avons appris à maîtriser le travail bénévole, l’organisation d’événements internationaux et les tâches de communication et d’information. Si on nous avait demandé, il y a un an, comment s’engager en Europe, nous n’aurions probablement pas pu en dire grand-chose. Aujourd’hui, nous pourrions présenter une liste de propositions. Nous avons également acquis de précieuses compétences en matière d’organisation. Nous en faisons la conclusion suivante : l’engagement et un travail actif sont toujours payants – au minimum pour contribuer au développement personnel. Car même si tout ne se passe pas comme prévu, le temps investi n’est jamais perdu.

Que souhaitez-vous pour l’avenir de votre projet ?

Ce n’est un secret pour personne que l’Europe se trouve à la croisée des chemins. Surtout en raison du Brexit, de la montée de l’extrême droite et de l’inégalité croissante entre les États européens. Nous pensons qu’il est très important de faire preuve de solidarité et de s’impliquer politiquement. L’avenir de notre projet est incertain, car de nombreux membres de notre groupe vont s’avancer vers de nouvelles voies cette année. Par ailleurs, depuis le printemps, la crise du coronavirus a compliqué tout voyage sur le long terme ou projet d’événements. Nous avons déjà organisé une rencontre en ligne. Mais une conférence en ligne ne peut cependant pas être comparée à une véritable semaine de rencontres en présentiel. Une chose est sûre : l’Europe restera toujours pour nous un sujet essentiel.